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MJC - Chapitre 5

Par admin lyc-kastler-guebwiller2, publié le samedi 4 avril 2020 22:17 - Mis à jour le samedi 4 avril 2020 22:17
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Mon journal de confinement - Texte rédigé par un élève de seconde de l'option théâtre

JOURNAL DE CONFINEMENT

 JOUR 1

Lundi 9 mars. Notre cher président de la République a annoncé le confinement pour la région du Haut-Rhin. On ne sait combien de jour cela durera mais ce qui est sûr, c’est que mon mari, nos trois enfants et notre chien Ramsès II, nous ne nous laisserons pas abattre ! On sait que c’est pour notre bien et nous ferons tout notre possible pour respecter les consignes, et après tout, cela ne devrait pas durer très longtemps, l’affaire de 2 ou 3 semaines d’après mon esthéticienne.

JOUR 2

Mardi 10 mars. J’ai organisé l’emploi du temps pour mes chers enfants, Timothée, Jean-Christophe et Jeanne-Marie. Comme Timothée n’a que 3 ans, mon travail scolaire consistera à épauler ma fille de 16 ans et mon fils de 7 ans. Ce dernier, d’après sa maîtresse, est vraiment doué en mathématiques. Cela ne devrait donc pas être trop compliqué.

JOUR 3

Mercredi 11 mars. Il fait beau dehors, on dirait qu’on est au printemps. Pierre-Philippe pense que c’est à cause du réchauffement climatique, et Jean-Christophe pense que c’est à cause des vaches qui pètent dans l’atmosphère ou quelque chose dans le genre. Jeanne-Marie passe ses journées à soupirer en regrettant ses amis du lycée et en disant que de toute façon le coronamachin ça touche que les vieux schnoques. Je lui explique que ce n’est pas le cas et qu’elle ferait mieux de parler de ses aïeux avec plus de respect.

JOUR 5

Vendredi 13 mars. Je ne pensais que faire cours serait si compliqué. J-C n’arrive pas à faire de division euclidienne. Merde, comment on les fait ces trucs déjà ? J’ai jamais été bonne en maths. En plus Timothée m’a réveillé trois fois cette nuit. Pierre-Philippe a passé de nombreux coups de fil à ses employés pour leur expliquer les démarches à suivre et faire un topo sur la situation.

JOUR 7

Dimanche 15 mars. Flûte ! Il ne reste plus rien à manger dans le placard et mon mari n’est pas revenu des courses. S’est-il fait aspirer par la marée de personnes dans les magasins ? A- t-il attrapé le terrible virus ? Je crains le pire. Toujours est- il que mes enfants commencent à me faire perdre patience. Timothée est autant une lumière en maths qu’une huître prématurée et ma chère fille passe son temps sur son téléphone, elle ne se coiffe plus, elle ne met même pas le nez dans le jardin. Elle ressemble à un zombie !

JOUR 10

J’ai l’impression d’être ménopausée alors que je n’ai que 35 ans. Reste zen ma petite Christine, reste zen.

JOUR 14

Putain de gosses de merde, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, entre l’aînée qui pète les plombs et qui commence à essayer de tuer son petit frère, le petit frère qui chiale parce qu’il y a plus de Nesquik, et ce con de bébé qui pleure pour rien, je pense que je vais finir à l’asile. Et mon mari qui commence à délirer, il croit tous les jours qu’il doit aller bosser et je le retrouve chaque matin avachi sur la table avec sa cravate dans son café. Du calme. J’ai faim. Si ça continue je pense que vais finir par bouffer ce con de chien qui arrête pas de chier dans la baraque.

JOUR 17

Bordel on est quel jour aujourd’hui ? Je perds la notion de temps. Je suis pas la seule d’ailleurs, puisque ma fille se couche tous les soirs à 3h du mat et se lève l’après-midi à 14h. Je fais même plus attention à elle, elle ressemble plus à la fin dans « The ring » qu’à un humain normalement constitué. Mon mari commence à perdre les pédales, il passe son temps à regarder le mur de la salle de bain en pleurant, il mange le savon du lavabo et boit de l’antiseptique. Je sais pas si c’est parce que il a vraiment très peur d’attraper le covid 19 ou juste parce qu’il est très très con. Je crois que je vais demander le divorce par télétravail.

JOUR 25

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JOUR 28

J’ai trébuché sur une limace géante, puis j’ai réalisé que c’était Jean-Christophe. On lui a vraiment donné un prénom de merde. En fait, tous nos gosses on vraiment des prénoms de merde, et nous aussi d’ailleurs.

JOUR 40

L’autre jour je me baladais dans ce qui nous sert de prison lorsque j’ai vu un homme dans un coin de la pièce qui était en train de faire cuire un petit animal sur une broche. Il ressemblait à un homme de la préhistoire que l’on voit dans les documentaires Arte, avec ses longs poils et son odeur de mâle qui pue la viande pourrie. Il m’a invitée à manger de son repas, j’ai accepté en signe de respect pour sa culture. Puis j’ai réalisé que c’était mon mari et notre chien. Merde.

JOUR 60

On peut dire que tout est plus ou moins rentré dans l’ordre, j’ai repris mon travail. J’ai finalement décidé de na pas divorcer car l’étape que nous avons traversée avec mon mari a renforcé notre couple pour de bon. Il ne nous reste plus maintenant qu’à organiser des funérailles pour Ramsès II. Paix à son âme.