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Option théâtre : l'école du spectateur

Par admin lyc-kastler-guebwiller2, publié le dimanche 24 avril 2022 11:23 - Mis à jour le dimanche 24 avril 2022 11:23
Photo Gimme Shelter Crédit Photo Violaine Fimbel.PNG
Gimme Shelter (Donne-moi un abri) - Compagnie Yôkaï (Espace 110, Illzach – le 4 mars 2022) - Théâtre, marionnette et magie nouvelle ) Crédit photo : Violaine Fimbel

« Dans un parc d’attractions abandonné, une personne erre dans un environnement hostile, habité d’étranges mascottes et d’animaux contaminés par une catastrophe écologique. Dans le même temps, à l’intérieur d’un ancien transformateur électrique, un reclus volontaire tente de survivre. Le spectateur, au cœur de ce dispositif immersif, assiste à des manifestations étranges, croise des présences singulières et doute en permanence de ce qu’il ressent, si ce qu’il a vu, entendu, est réel ou fantasmé. Il vit l’expérience de cette fable post-apocalyptique deux fois : depuis l’intérieur du transformateur, où il suit la personne recluse. Et depuis l’extérieur, où il est témoin, en même temps que l’autre personnage, des phénomènes surnaturels qui jaillissent de toutes parts. »

 

Les élèves partagent leurs ressentis…

● Cette représentation m'a beaucoup marquée. C'est mon spectacle préféré de l'année. J'ai adoré l'ambiance qui était créée et l'histoire.                                                      J'ai tout d'abord été dans la salle qui suggère un parc d’attractions abandonné. J'ai trouvé génial de pouvoir s'asseoir sur des éléments du décor (voitures, chevaux de manège…). Cela nous permet d'entrer directement dans l'histoire comme si nous étions des acteurs à part entière de la pièce.
Les mascottes/peluches disposées sur le plateau m'ont immédiatement plongée dans cette atmosphère terrifiante, notamment le singe au fond de la salle. Une impression de mort domine ; elle est accentuée par la présence d’un personnage étrange mi-homme mi-animal et par les entrées répétées d’un personnage vêtu d’une combinaison jaune et déposant des animaux morts…
On ne comprend pas tout dès le départ, mais lorsque cette première partie est complétée par la seconde, où nous nous retrouvons dans l’abri d’un survivant d’une catastrophe, on établit des liens et on parvient à construire du sens.
J’ai trouvé la seconde partie du spectacle impressionnante.
On voit d’abord une vidéo projetée sur un écran télé qui informe sur les transformations génétiques liées à une catastrophe nucléaire. Puis, le personnage qui était allongé sous un sac de couchage se lève lentement et se dresse devant nous.
J'ai trouvé fantastique d'être assis devant l'acteur à l'intérieur de ce petit abri. Cette proximité permet de partager les sentiments du personnage. Survivant d’une catastrophe nucléaire, il a trouvé refuge dans cet abri, mais sombre peu à peu, à cause de la solitude, de sa rupture avec le monde extérieur dans une espèce de folie. Il est sale, se déplace comme un lion en cage, se parle à lui-même ou à des objets (jouets, boîtes de conserve…), se montre brutal… Une poupée animée surgit : elle pourrait, selon moi, représenter la partie « saine » de l’esprit du personnage ; elle cherche à savoir ce qu'il se passe dehors, lui demande de se rappeler ses souvenirs, s’inquiète pour lui. Cette poupée et les effets stroboscopiques m'ont à la fois terrifiée et fascinée.                                                                                       
Le spectacle invite le spectateur à « agir », à établir des liens entre les deux parties, à construire du sens…Je suis une grande adepte de ce genre ; j'aime en effet être sollicitée pour me créer ma propre histoire dans ma tête et ne pas forcément tout comprendre. J’ai aimé aussi le « message » véhiculé par le spectacle : nous devons agir vite pour notre planète car nous pourrions être confrontés à une telle catastrophe…

"Donne-moi un abri" est un spectacle très particulier, très contemporain, créatif et inspirant. Les poupées animées, les mascottes, les musiques fortes et anxiogènes, les phénomènes surnaturels créaient une atmosphère apocalyptique très étrange. 

● L’originalité du dispositif qui n’a rien à voir avec une salle de spectacle classique m'a beaucoup plu. J’ai beaucoup apprécié aussi les jeux de lumière qui nous plongeaient vraiment dans une atmosphère similaire à celle d'un film d'horreur.

● J'ai trouvé ce spectacle très prenant. Le fait d'associer univers post-apocalyptique et théâtre m'a plu. On est plus habitué à ces univers au cinéma.

● Une création innovante, brillante, prenante et oppressante.

● Une expérience extraordinaire du début à la fin ! On est complètement immergé dans un environnement postapocalyptique, à la fois effrayant et fascinant. La scène avec l’acteur dans l’abri était particulièrement terrifiante de par la proximité du public avec la scène et également par la folie et le désespoir qui se dégagent du protagoniste. Son enfermement et sa peur de l’extérieur rappellent le confinement qui nous a tous touchés…

● J’ai énormément apprécié ce spectacle immersif et complètement inédit. Il aborde un sujet qui m’intéresse beaucoup : l’apocalypse… La mise en scène était incroyable : l’ambiance créée nous a plongés dans un contexte d’horreur et de folie. J’ai trouvé très intéressant la corrélation entre les deux parties du spectacle à travers la reprise des voix, des paroles ainsi que la diversité des techniques ou formes artistiques utilisées (vidéo, magie, chorégraphie, théâtre, musique, lumières…). Ce fut une belle découverte !

Gimme Shelter est un spectacle très original qui alerte sur les potentiels dangers du nucléaire.

● Cette pièce post-apocalyptique est, d'après moi, un chef d'oeuvre sous tous les aspects. Tout d'abord, son originalité réside dans la séparation en deux parties autonomes, de deux points de vue différents. J'ai beaucoup aimé la partie qui se déroulait dans le bunker. En effet, on se sentait au plus proche de la folie qu'entraîne la solitude et de l'angoisse du monde extérieur qu'éprouve le personnage. J'ai particulièrement apprécié la scène dans laquelle on le voyait occuper tout l'espace avec une rapidité étonnante, mais comme la lumière clignotait, cela rendait une image sur deux, dans un mouvement saccadé impressionnant, oppressant et entraînant. Tout au long de cette partie, la manière dont le personnage faisait prendre vie à ses peurs en faisant parler ses poupées rendait bien compte de son état mental. La qualité de jeu et la mise en scène ont fait de cette pièce un moment immersif complètement subjuguant et fascinant.

Gimme Shelter est un spectacle incroyable. Une œuvre à la fois participative et vécue à distance. C'est une création intense, nous procurant toutes sortes d’émotions grâce à la proximité avec les artistes et à l'ambiance. Grâce à cette "magie" on en vient à se demander si ce que l'on vit à l'intérieur et à l'extérieur est réellement arrivé. Cette fable écologique nous sensibilise sur la situation actuelle et est une très bonne manière de montrer aux gens à quel point notre planète a besoin d'être préservée.

● L’actualité avec la guerre qui se déroule en Ukraine, a rendu la pièce encore plus marquante pour ne pas dire « flippante »…

● J’ai trouvé ce spectacle très riche sur le plan technique. Ce qui m’a en effet le plus intéressée est la création d’un univers visuel et sonore très original et très efficace par les effets créés sur le spectateur.  

● Les effets visuels et sonores étaient impressionnants. A chaque fois on se demande comment ils ont été réalisés. On s’interroge également tout au long du spectacle sur la « réalité » des phénomènes auxquels on assiste.

● J'ai adoré ce côté immersif où le spectateur fait partie de la pièce. Je suis passée par pas mal d'émotions, d'abord la curiosité et l'excitation en découvrant le lieu, la scène et les acteurs. J'ai ensuite été effrayée par certains passages du spectacle notamment lorsque les jouets se mettaient en marche de plus en plus vite et de façon de plus en plus bruyante ! Dans l’abri, j’ai ressenti une impression d’oppression ; j’avais envie de sortir et de prendre de grandes bouffées d'air ! J’ai enfin été fascinée par la chorégraphie du personnage féminin masqué, par sa façon d’occuper et de défendre son espace… Ces différents sentiments et sensations éprouvés prouvent que les artistes ont atteint leur objectif ! On ressort en se disant que l’on n’a pas envie que notre Terre finisse dans cet état !

● Un spectacle spectaculaire, « thrilling » qui fait monter l’adrénaline chez le spectateur ! J’ai particulièrement été fascinée par le jeu entre l’acteur et la poupée. Cette étrange poupée éveille la curiosité ; on s’interroge sur son fonctionnement, sur le mécanisme qui l’anime : science ou magie ?

 

● J’ai été frappée par l’originalité de la mise en scène de cette pièce : deux actes où le spectateur est confronté à une vision extérieure et intérieure de la situation.
Dans la partie qui figurait un parc d’attractions abandonné, je ne me sentais pas du tout rassurée, j’avais le cœur qui battait très fort. Je crois que le fait de prendre part au spectacle m’a rendue vulnérable ; dans le sens où je n’étais pas dans un siège dans le public, mais présente sur la scène avec les comédiens. Je ne savais pas « à quelle sauce j’allais être mangée ».
On assiste à une mise en scène d’un « mal » qui ronge l’homme et l’environnement. Ce « mal » est représenté, incarné par une femme déguisée portant un masque de rat et se mouvant à quatre pattes. Sa performance était incroyable ! Elle avait une grande souplesse qui lui permettait de se tordre dans tous les sens et de figurer ainsi le « mal ». En sortant de cette première salle, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre pour la suite. Tout ce que je savais, c’était que cette ambiance glauque me dérangeait et que tous mes sens étaient en alerte.
Pour la deuxième partie de la représentation, nous sommes entrés par une porte étroite dans une sorte de refuge où des poubelles étaient entassées et où de de vieilles photos et de vieux jouets pour enfants étaient éparpillés. Il y faisait chaud car les spectateurs étaient installés dans une grande proximité dans un espace très réduit. Nous étions à quelques centimètres du comédien. Il regardait une vieille télé qui diffusait des informations scientifiques sur la radioactivité et sur le monde dévasté par le nucléaire. Sa solitude le rendait fou, et je me sentais peu à peu contaminée par cette folie. Ceci était provoqué par des apparitions et des phénomènes étranges : poupée animée, jouets qui se mettent à bouger, lumière stroboscopique, bruitages…J’ai dû fermer les yeux et me boucher les oreilles.
Un passage m’a particulièrement marquée : « Tu te souviens la dernière fois que t’es sorti ? C’était comment ? ». J’ai repensé au confinement de 2020, au virus, à l’écologie, à notre vie interrompue.
La représentation s’est terminée par la diffusion d’un chant qui évoquait la nécessité de trouver un autre monde et la douleur de devoir quitter ce monde (« I’m gonna miss the trees, the birds… »).
Toute la mise en scène m’a fascinée mais effrayée. Il s’est passé quelque chose en moi (physiquement et mentalement voire psychologiquement), que je ne saurais expliquer tellement la sensation était désagréable, gênante, étouffante.